Archive for the ‘Jean Ferrat’ tag
Jean Ferrat – Je meurs (Musique et paroles)
Paroles de “Je meurs”
Je meurs d’une petite fièvre
Avec un prénom sur mes lèvres
Et quelques souvenirs heureux
Quelque part au fond de mes yeux
Je vois la chose comme un acteur
Que ses amis trouvent menteur
Quand son c?ur à son dernier bond
Le fait grimacer pour de bon
Alors moi je ris doucement
Comme on rit aux enterrements
En me disant qu’au fond mourir
C’est ne plus s’arrêter de rire
Je meurs d’une petite fièvre
Avec un prénom sur mes lèvres
Et quelques souvenirs heureux
Quelque part au fond de mes yeux
Je m’en vais comme je suis venu
Un peu plus calme un peu moins nu
Je pars en voyage vers la terre
Qui peut m’expliquer ce mystère
A moins peut-être qu’un de ces quatre
J’entende enfin au transistor
Des nouvelles du vaccin-miracle
Qui guérira l’homme de la mort
Je meurs d’une petite fièvre
Avec un prénom sur mes lèvres
Et quelques souvenirs heureux
Quelque part au fond de mes yeux
Jean Ferrat – Les Petites Filles modèles (Musique et paroles)
Paroles : Les Petites Filles modèles
Les Petites Filles modèles
Ne jouent plus à la poupée
Ne jouent plus à la marelle
A la corde à chat perché
Branchées grâce au Minitel
Sur le marché financier
Les Petites Filles modèles
S’amusent à boursicoter
C’est à ce jeu qu’elles excellent
Fruit de la modernité
Ah la belle ah la belle ah la belle société
Les Petites Filles modèles
Quel exemple à méditer
S’émerveillent pleins de zèle
Ces messieurs de la télé
En vantant leur grandeur d’âme
Leur louable vocation
Applaudissez messieurs dames
Leur goût des bonnes actions
C’est à ce jeu qu’elles excellent
Il faut les encourager
Ah la belle ah la belle ah la belle société
Leur prince de référence
Leur nouveau preux chevalier
C’est le golden boy en transe
Qui joue les petits Poucets
Et se taille avec vaillance
Un empire à bon marché
Sur les ogres des finances
Qu’il finit par dévorer
C’est à ce jeu qu’elles excellent
Vivent les contes de fées
Ah la belle ah la belle ah la belle société
Leur plus beau rêve de gosse
C’est un autre emprunt Giscard
Mais quand la fée Carabosse
Leur donne des cauchemars
Adieu châteaux et carrosses
C’est le krach ô désespoir
Qui voit leur champion féroce
Se flinguer sur le trottoir
C’est à ce jeu qu’elles excellent
Elles seront tôt consolées
Ah la belle ah la belle ah la belle société
Pourtant mes enfants bien sages
Méfiez-vous des aventures
Ne soyez pas trop volages
N’investissez qu’à coup sûr
Car vos tendres pucelages
Pourraient choir comme fruits mûrs
Sous les OPA sauvages
De raiders aux noyaux durs
Puisqu’à ce jeu elles excellent
Il faudra les marier
Ah la belle ah la belle ah la belle société
Puisqu’à ce jeu elles excellent
L’avenir est assuré
Ah la belle ah la belle ah la belle société
Jean Ferrat – Le jour ou je deviendrai gros (Musique et paroles)
Parole de : “Le jour ou je deviendrai gros”
Séchez vos pleurs belles maîtresses
Nous ne nous choquerons plus les os
Voici venir des jours de liesse
Voici venir l’amour nouveau
Sur mes genoux comme à confesse
Vous pourrez vous tenir au chaud
Le jour le jour le jour le jour
Où je deviendrai gros
Plus s’agrandira ma bedaine
Plus s’amoindrira mon cerveau
Comme Jeanne filant la laine
Entendait les voix du très haut
Plût à vous vierges souveraines
Que je ne sois qu’un peu dévot
Le jour le jour le jour le jour
Où je deviendrai gros
Tous les soirs au café de France
Devant mon troisième pernod
A des notables d’importance
Je réciterai mon crédo
Que je suis fier de notre France
De ses bourgeois et généraux
Le jour le jour le jour le jour
Où je deviendrai gros
La rosette à la boutonnière
Je saluerai bas le drapeau
J’écouterai les légionnaires
Chanter le temps du sable chaud
En versant des larmes amères
Sur nos colonies, les salauds
Le jour le jour le jour le jour
Où je deviendrai gros
Le doute se glisse en mon âme
Me met des frissons dans le dos
C’est le régime que ma femme
Voudra m’imposer illico
Devrai-je vivre autant de drames
Que je mangerai de perdreaux
Le jour le jour le jour le jour
Où je deviendrai gros
Puisque contre moi tout se ligue
Comment choisir entre deux maux
Etre un semblant d’escartefigue
Ou bien rester dedans ma peau
Si je suis gras comme une figue
Je serai con comme un pruneau
Le jour le jour le jour le jour
Où je deviendrai gros
Jean Ferrat – Les Enfants Terribles (Musique et paroles)
Ecouter Les Enfants Terribles de Jean Ferrat, c’est pas là
Paroles de “Les Enfants Terribles”
Les enfants terribles marchent dans les rues
Si leur ciel est vide, s’ils ne savent plus
Leurs mains sont avides d’étreindre demain
Les enfants terribles n’épargneront rien
Soyez terribles, terribles, soyez terribles, les enfants
Les enfants terribles ont des dents de loups
Si vous en doutez, prenez garde à vous
Leur soif n’a d’égal que leur appétit
Les enfants terribles luttent pour la vie
Soyez terribles, terribles, soyez terribles, les enfants
Quand l’orage tonne les enfants sourient
Ils sont sûrs d’eux-mêmes et durs pour autrui
Mais quand l’amour vient les cueillir au nid
Les enfants terribles tremblent dans la nuit
Soyez terribles, terribles, soyez terribles, les enfants
Avec leurs grands rires, avec leurs façons
De toujours remettre le monde en question
Ce sont eux qui font les révolutions
Les enfants terribles ont toujours raison
Soyez terribles, terribles, soyez terribles, les enfants
Les enfants, les enfants.
Jean Ferrat – A brassens (Musique et paroles)
Parole de A brassens
Est-ce un reflet de ta moustache
Ou bien tes cris de “Mort aux vaches !”
Qui les séduit ?
De tes grosses mains maladroites
Quand tu leur mets dessus la patte
C’est du tout cuit
Les filles de joie, les filles de peine
Les Margoton et les Germaine
Riches de toi
Comme dans les histoires anciennes
Deviennent vierges et souveraines
Entre tes doigts
Entre tes dents juste un brin d’herbe
La magie du mot et du verbe
Pour tout décor
Même quand tu parles de fesses
Et qu’elles riment avec confesse
Ou pire encor
Bardot peut aligner les siennes
Cette façon d’montrer les tiennes
N’me déplaît pas
Et puisque les dames en raffolent
On n’peut pas dire qu’elles soient folles
Deo gratias
Toi dont tous les marchands honnêtes
N’auraient pas de tes chansonnettes
Donné deux sous
Voilà qu’pour leur déconfiture
Elles resteront dans la nature
Bien après nous
Alors qu’avec tes pâquerettes
Tendres à mon cœur, fraîches à ma tête
Jusqu’au trépas
Si je ne suis qu’un mauvais drôle
Tu joues toujours pour moi le rôle
De l’Auvergnat
Jean Ferrat – La montagne (Musique et paroles)
Paroles de La montagne
Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?
Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C’était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S’il ne vous tournait pas la tête
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?
Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?
Jean Ferrat – 17 ans (Musique et paroles)
Ecouter 17 ans de Jean Ferrat, c’est pas là
Parole de 17 ans
Je l’ai vue je l’ai vue je vous jure un matin
Arrivant en avion de son pays lointain
Aussi fraîche aussi tendre aussi gaie qu’un printemps
Et s’arrêta le temps
Elle avait le teint mat des yeux croissant de lune
Sur ses reins qui dansaient deux longues tresses brunes
Donnaient à sa jeunesse un éclat triomphant
Sous le soleil levant
Elle était à la fois timide et sûre d’elle
Par sa voix ses propos sa grâce naturelle
Rien ne la distinguait des filles de ce temps
Elle avait dix-sept ans
Nulle ombre ne voilait son regard enfantin
Nul regret ne faisait palpiter sa poitrine
Elle avait au combat de sa main douce et fine
Tué dix américains
Jean Ferrat – Alléluia (Musique et paroles)
Ecouter Alléluia de Jean Ferrat, c’est pas là
Parole d’Alléluia
Ils ont déjà mis leur costume
Et leurs plus beaux souliers cirés
Quand selon les us et coutumes
Les cloches se mettent à sonner
Chacun procède à sa manière
Pour faire son vin ou ses enfants
Mais c’est une toute autre affaire
De réussir un enterrement
Alléluia alléluia alléluia alléluia
Il faut savoir devant l’église
Battre en retraite prudemment
En direction de Marie-Louise
Qui vous démarre au petit blanc
Voilà Pierrot et l’oncle Eugène
La casquette comme étendard
Le petit blanc devient douzaine
Avec Léon, Jules et Gaspard
Alléluia alléluia alléluia alléluia
Pour peu que le “de profundis”
Arrive un quart d’heure en retard
On est au huitième pastis
A la sortie du corbillard
Et sur la route cahoteuse
Comme il n’est pas loin de midi
On se sent bientôt la dent creuse
La mort vous met en appétit
Alléluia alléluia alléluia alléluia
Les saucissons fondent à vue d’?il
Les langues claquent avec entrain
Souviens-toi du bois du cercueil
Du frère de la tante au cousin
Souviens-toi des temps mémorables
Qu’on n’a jamais pu égaler
Où l’on resta trois jours à table
A cause de trois macchabées
Alléluia alléluia alléluia alléluia
Mais dans ce monde de misère
Le bonheur est vite enterré
Il faut regagner sa chaumière
Retrouver sa femme atterrée
En voyant l’état du costume
Et du bonhomme et des souliers
A la maison comme de coutume
Les cloches se mettent à voler
Alléluia alléluia alléluia alléluia
Ahhhhhhhhhhhhhhlléluia !
J’en foutrais moi des alléluias !
Sac à vin ! Alcoolique !
Et puis à partir de demain tu m’a compris ?
Fini les petits tour au cimetière.
Privé d’enterrement tu serra. Allez au lit !
Jean Ferrat – Ma Môme (vidéo et paroles)
Dans cette vidéo, il nous manque malheureusement la fin de la chanson. Mais je trouve le clip super cool donc je vous la laisse.
Si non, voici la version complète de la chanson
Paroles
Ma môme, ell’ joue pas les starlettes
Ell’ met pas des lunettes
De soleil
Ell’ pos’ pas pour les magazines
Ell’ travaille en usine
A Créteil
Dans une banlieue surpeuplée
On habite un meublé
Elle et moi
La fenêtre n’a qu’un carreau
Qui donne sur l’entrepôt
Et les toits
On va pas à Saint-Paul-de-Vence
On pass’ tout’s nos vacances
A Saint-Ouen
Comme famille on n’a qu’une marraine
Quelque part en Lorraine
Et c’est loin
Mais ma môme elle a vingt-cinq berges
Et j’crois bien qu’la Saint’Vierge
Des églises
N’a pas plus d’amour dans les yeux
Et ne sourit pas mieux
Quoi qu’on dise
L’été quand la vill’ s’ensommeille
Chez nous y a du soleil
Qui s’attarde
Je pose ma tête sur ses reins
Je prends douc’ment sa main
Et j’la garde
On s’dit toutes les choses qui nous viennent
C’est beau comm’ du Verlaine
On dirait
On regarde tomber le jour
Et puis on fait l’amour
En secret
Ma môme, ell’ joue pas les starlettes
Ell’ met pas des lunettes
De soleil
Ell’ pos’ pas pour les magazines
Ell’ travaille en usine
A Créteil
Guillaume APOLLINAIRE – Poèmes à Lou – Si je mourais là-bas…
Si je mourais là-bas…
Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur
Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier
Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants
Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté
Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
- Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur -
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie
a nuit descend
n y pressent
n long destin de sang
Recueille : Poèmes à Lou
Titre : Si je mourais là-bas… (composé en janvier 1915)
Auteur : Guillaume APOLLINAIRE
Interprétation Jean Ferrat
Pourquoi cette oeuvre me fait vibrer ?
En décembre 1914, Guillaume Apollinaire voit sa demande d’intégrer l’armé française accepté. Se qui engage d’ailleurs une procédure de naturalisation. (Il est issu d’une mère polonaise et d’un père Italien)
Effectivement, qu’un gars puisse intégré l’armé par amour de sa patrie d’accueil – pour la défendre – je trouve ça noble et beau.
Que l’armé en revanche accepte la candidature d’un tel talant et risque sa vie, c’est complètement con. Utiliser un artiste pour faire la guerre, ça me semble a peu près aussi stupide que de demander à un boulanger de refaire l’électricité de la sale de bain. Et encore, ça se discute. C’est peu être encore plus con. Parce que des gens qui arrive à écrire des trucs aussi cool, c’est vraiment rare. Bref…
Même à la guerre, il reste amoureux de Lou d’un part et un poète d’autres part.
Visiblement, son amour pour Lou et son quotidien de soldat l’inspire !
Il lui écrit donc des lettres qui sont en fait des poèmes avec ou sans titre, dont le magnifique “Si je mourais là-bas…”
On nous décrit Lou comme une grande séductrice, intelligente et très belle, issu de la noblesse, fraichement divorsé et menant une existance volage. Comme je je le comprend de tomber amoureux d’une telle femme ! Il aurait probablement baisé ensemble, mais elle ne tombera jamais amoureuse de lui. La frustration que celà engendre est probablement le terraux parfait – pour un poète – de sentiments forts et donc de grandes oeuvres.
Blessé à la tempe par un éclat d’obus le 17 mars 1916, il retourne à Paris en convalescence. Le poeme si dessus ayant été composé en janvier 1915, on en comprend l’aspect prophétique et la sincérité !
