Archive for the ‘Jacques Brel’ tag
Jacques Brel – Au Suivant (vidéo et paroles)
Paroles : Au Suivant
Tout nu dans ma serviette qui me servait de pagne
J’avais le rouge au front et le savon à la main
Au suivant, au suivant
J’avais juste vingt ans et nous étions cent vingt
A être le suivant de celui qu’on suivait
Au suivant, au suivant
J’avais juste vingt ans et je me déniaisais
Au bordel ambulant d’une armée en campagne
Au suivant, au suivant
Moi j’aurais bien aimé un peu plus de tendresse
Ou alors un sourire ou bien avoir le temps
Mais au suivant, au suivant
Ce n’fut pas Waterloo mais ce n’fut pas Arcole
Ce fut l’heure où l’on r’grette d’avoir manqué l’école
Au suivant, au suivant
Mais je jure que d’entendre cet adjudant d’mes fesses
C’est des coups à vous faire des armées d’impuissants
Au suivant, au suivant
Je jure sur la tête de ma première vérole
Que cette voix depuis je l’entends tout le temps
Au suivant, au suivant
Cette voix qui sentait l’ail et le mauvais alcool
C’est la voix des nations et c’est la voix du sang
Au suivant, au suivant
Et depuis chaque femme à l’heure de succomber
Entre mes bras trop maigres semble me murmurer :
“Au suivant, au suivant”
Tous les suivants du monde devraient s’donner la main
Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire
Au suivant, au suivant
Et quand je n’délire pas, j’en arrive à me dire
Qu’il est plus humiliant d’être suivi que suivant
Au suivant, au suivant
Un jour je m’f'rai cul-de-jatte ou bonne sœur ou pendu
Enfin un d’ces machins où je n’s’rai jamais plus
Le suivant, le suivant
Jacques Brel – Ces gens là (vidéo et paroles)
Paroles : Ces gens là
D’abord il y a l’aîné
Lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez
Lui qui sait plus son nom
Monsieur tellement qui boit
Ou tellement qu’il a bu
Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n’en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui se prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu’on retrouve matin
Dans l’église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui a l’œil qui divague
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas Monsieur
On ne pense pas on prie
Et puis, il y a l’autre
Des carottes dans les cheveux
Qu’a jamais vu un peigne
Ouest méchant comme une teigne
Même qu’il donnerait sa chemise
A des pauvres gens heureux
Qui a marié la Denise
Une fille de la ville
Enfin d’une autre ville
Et que c’est pas fini
Qui fait ses petites affaires
Avec son petit chapeau
Avec son petit manteau
Avec sa petite auto
Qu’aimerait bien avoir l’air
Mais qui n’a pas l’air du tout
Faut pas jouer les riches
Quand on n’a pas le sou
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne vit pas Monsieur
On ne vit pas on triche
Et puis, il y a les autres
La mère qui ne dit rien
Ou bien n’importe quoi
Et du soir au matin
Sous sa belle gueule d’apôtre
Et dans son cadre en bois
Il y a la moustache du père
Qui est mort d’une glissade
Et qui recarde son troupeau
Bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands flchss
Et ça fait des grands flchss
Et puis il y a la toute vieille
Qu’en finit pas de vibrer
Et qu’on attend qu’elle crève
Vu que c’est elle qu’a l’oseille
Et qu’on écoute même pas
Ce que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne cause pas Monsieur
On ne cause pas on compte
Et puis et puis
Et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m’aime pareil
Que moi j’aime Frida
Même qu’on se dit souvent
Qu’on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu’on vivra dedans
Et qu’il fera bon y être
Et que si c’est pas sûr
C’est quand même peut-être
Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu’elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J’ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j’ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
Enfin ils ne veulent pas
Parfois quand on se voit
Semblant que c’est pas exprès
Avec ses yeux mouillants
Elle dit qu’elle partira
Elle dit qu’elle me suivra
Alors pour un instant
Pour un instant seulement
Alors moi je la crois Monsieur
Pour un instant
Pour un instant seulement
Parce que chez ces gens-là
Monsieur on ne s’en va pas
On ne s’en va pas Monsieur
On ne s’en va pas
Mais il est tard Monsieur
Il faut que je rentre chez moi.
Jacques Brel – Les jardins du casino (vidéo et paroles)
Paroles : Les jardins du casino
Les musiciens sortent leurs moustaches
Et leurs violons et leur saxo
Et la polka se met en marche
Dans les jardins du casino
Où glandouillent en papotant
De vieilles vieilles qui ont la gratouille
Et de moins vieilles qui ont la chatouille
Et des messieurs qui ont le temps
Passent aussi, indifférents
Quelques jeunes gens faméliques
Qui sont encore confondant
L’érotisme et la gymnastique
Tout ça dresse une muraille de Chine
Entre le pauvre ami Pierrot
Et sa fugace Colombine
Dans les jardins du casino
Les musiciens frétillent des moustaches
Et du violon et du saxo
Quand la polka guide la démarche
De la beauté du casino
Quelques couples protubérants
Dansent comme des escalopes
Avec des langueurs d’héliotrope
Devant les faiseuses de cancans
Un colonel encivilé
Présente à de fausses duchesses
Compliments et civilités
Et baise-mains, et ronds de fesses
Tout ça n’arrange pas, on le devine
Les affaires du pauvre Pierrot
Cherchant fugace Colombine
Dans les jardins du casino
Et puis, le soir tombe par taches
Les musiciens rangent leur saxo
Et leurs violons et leurs moustaches
Dans les jardins du casino
Les jeunes filles rentrent aux tanières
Sans ce jeune homme ou sans ce veuf
Qui devait leur offrir la litière
Où elles auraient pondu leur œuf
Les vieux messieurs rentrent au bercail
Retrouver le souvenir jauni
De leur madame Bovary
Qu’ils entretiennent, vaille que vaille
Il ne demeure que l’opaline
De l’âme du pauvre Pierrot
Pleurant fugace Colombine
Dans les jardins du casino
Du casinooooooooooo !
Jacques Brel – Les Bonbons
Paroles : Les Bonbons
Je vous ai apporté des bonbons
Parce que les fleurs c’est périssable
Puis les bonbons c’est tellement bon
Bien que les fleurs soient plus présentables
Surtout quand elles sont en boutons
Mais je vous ai apporté des bonbons
J`espère qu’on pourra se promener
Que madame votre mère ne dira rien
On ira voir passer les trains
A huit heures je vous ramènerai
Quel beau dimanche pour la saison
Je vous ai apporté des bonbons
Si vous saviez ce que je suis fier
De vous voir pendue à mon bras
Les gens me regardent de travers
Y en a même qui rient derrière moi
Le monde est plein de polissons
Je vous ai apporté des bonbons
Oh oui Germaine est moins bien que vous
Oh oui Germaine elle est moins belle
C`est vrai que Germaine a des cheveux roux
C`est vrai que Germaine elle est cruelle
Ça vous avez mille fois raison
Je vous ai apporté des bonbons
Et nous voilà sur la Grand Place
Sur le kiosque on joue Mozart
Mais dites-moi que c’est par hasard
Qu`il y a là votre ami Léon
Si vous voulez que je cède ma place
J`avais apporté des bonbons
Mais bonjour mademoiselle Germaine
Je vous ai apporté des bonbons
Parce que les fleurs c’est périssable
Puis les bonbons c’est tellement bon
Bien que les fleurs soient plus présentables…
Jacques Brel – Madeleine (vidéo et paroles)
Paroles
Ce soir j’attends Madeleine
J’ai apporté du lilas
J’en apporte toutes les s’maines
Madeleine elle aime bien ça
Ce soir j’attends Madeleine
On prendra le tram trente-trois
Pour manger des frites chez Eugène
Madeleine elle aime tant ça
Madeleine c’est mon Noël
C’est mon Amérique à moi
Même qu’elle est trop bien pour moi
Comme dit son cousin Joël
Mais ce soir j’attends Madeleine
On ira au cinéma
Je lui dirai des “je t’aime”
Madeleine elle aime tant ça
Elle est tellement jolie
Elle est tellement tout ça
Elle est toute ma vie
Madeleine que j’attends là
Ce soir j’attends Madeleine
Mais il pleut sur mes lilas
Il pleut comme toutes les s’maines
Et Madeleine n’arrive pas
Ce soir j’attends Madeleine
C’est trop tard pour l’tram trente-trois
Trop tard pour les frites d’Eugène
Madeleine n’arrive pas
Madeleine c’est mon horizon
C’est mon Amérique à moi
Même qu’elle est trop bien pour moi
Comme dit son cousin Gaston
Mais ce soir j’attends Madeleine
Il me reste le cinéma
J’pourrai lui dire des “je t’aime”
Madeleine elle aime tant ça
Elle est tellement jolie
Elle est tellement tout ça
Elle est toute ma vie
Madeleine qui n’arrive pas
Ce soir j’attendais Madeleine
Mais j’ai jeté mes lilas
J’les ai j’tés comme toutes les s’maines
Madeleine ne viendra pas
Ce soir j’attendais Madeleine
C’est fichu pour l’cinéma
Je reste avec mes “je t’aime”
Madeleine ne viendra pas
Madeleine c’est mon espoir
C’est mon Amérique à moi
Mais sûr qu’elle est trop bien pour moi
Comme dit son cousin Gaspard
Ce soir j’attendais Madeleine
Tiens le dernier tram s’en va
On doit fermer chez Eugène
Madeleine ne viendra pas
Elle est, elle est pourtant tellement jolie
Elle est pourtant tellement tout ça
Elle est pourtant toute ma vie
Madeleine qui n’viendra pas
Mais demain j’attendrai Madeleine
Je rapporterai du lilas
J’en rapporterai toute la s’maine
Madeleine elle aimera ça
Demain j’attendrai Madeleine
On prendra le tram trente-trois
Pour manger des frites chez Eugène
Madeleine elle aimera ça
Madeleine c’est mon espoir
C’est mon Amérique à moi
Tant pis si elle est trop bien pour moi
Comme dit son cousin Gaspard
Demain j’attendrai Madeleine
On ira au cinéma
Je lui dirai des “je t’aime”
Et Madeleine, elle aimera ça
Jacques Brel – Tango Funèbre (vidéo et paroles)
Ah je les vois déjà
Me couvrant de baisers
Et s’arrachant mes mains
Et demandant tout bas
Est-ce que la mort s’en vient
Est-ce que la mort s’en va
Est-ce qu’il est encore chaud
Est-ce qu’il est déjà froid
Ils ouvrent mes armoires
Ils tâtent mes faïences
Ils fouillent mes tiroirs
Se régalant d’avance
De mes lettres d’amour
Enrubannées par deux
Qu’ils liront près du feu
En riant aux éclats
Ah Ah Ah Ah Ah Ah
Ah je les vois déjà
Compassés et frileux
Suivant comme des artistes
Mon costume de bois
Ils se poussent du cœur
Pour être le plus triste
Ils se poussent du bras
Pour être le premier
Z’ont amené des vieilles
Qui ne me connaissaient plus
Z’ont amené des enfants
Qui ne me connaissaient pas
Pensent aux prix des fleurs
Et trouvent indécent
De ne pas mourir au printemps
Quand on aime le lilas
Ah Ah Ah Ah Ah Ah
Ah je les vois déjà
Tous mes chers faux amis
Souriant sous le poids
Du devoir accompli
Ah je te vois déjà
Trop triste trop à l’aise
Protégeant sous le drap
Tes larmes lyonnaises
Tu ne sais même pas
Sortant de mon cimetière
Que tu entres en ton enfer
Quand s’accroche à ton bras
Le bras de ton quelconque
Le bras de ton dernier
Qui te fera pleurer
Bien autrement que moi
Ah Ah Ah Ah Ah Ah
Ah je me vois déjà
M’installant à jamais
Bien triste bien au froid
Dans mon champ d’osselets
Ah je me vois déjà
Je me vois tout au bout
De ce voyage-là
D’où l’on revient de tout
Je vois déjà tout ça
Et on a le brave culot
D’oser me demander
De ne plus boire que de l’eau
De ne plus trousser les filles
De mettre de l’argent de côté
D’aimer le filet de maquereau
Et de crier vive le roi
Ah Ah Ah Ah Ah Ah
Have fun,
Pimp
Interview brel
Interview en trois parties
Au delà de son répertoire musical riche et de sa filmographie, brel c’est exprimer… On à l’ocasion de le voire ici dans l’exercice de l’interview.
Il s’exprime directement et expose des idées modernes.
Je suis finalement étrangement proche de beaucoup de ses points de vue, notamment sur ceux du rêves. Pas étonnent que je soit aussi sensible à ses chansons.
have Fun,
Pimp